La sortie d'une psychanalyse

La sortie d'une psychanalyse

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Il faut savoir que la sortie d'une psychanalyse ne signifie pas que le sujet sait « tout » de lui-même et qu'il n'a plus rien à dire. Idéalement, après une psychanalyse, l'inconscient ne devrait plus avoir de secret pour le sujet mais ce n'est pas si simple. Une psychanalyse a bien une "fin" en soi, je parlerai plus volontiers de "sortie" de psychanalyse, mais ce n'est pas celle-là. Car en effet, nous sommes tous confrontés à une difficulté incontournable, celle des limites du langage. Et pourtant, la seule voie d'accès vers notre inconscient est la parole, et donc le langage qui la sous-tend. Certains événements vécus dans l'enfance notamment, avant l'avènement du « langage »,  ne pourront jamais être complètement retrouvés. Ainsi, il y aura toujours un « reste », quelque chose nous empêchant de mettre un point final à notre phrase, quelque chose nous poussant à toujours vouloir en dire plus, à chercher plus loin car comme dirait J. Lacan, « les mots y manquent ». Ce que nous pensons et ressentons dépasse parfois ce que nous pouvons en dire, car le langage a des règles pour pouvoir fonctionner (grammaticales, syntaxiques etc.) et ce que nous avons à dire est parfois indicible, hors dictionnaire. Nous sommes contraints de respecter ces règles du langage pour nous faire comprendre. Il nous faut donc accepter que tout n'est pas dicible, que ne pouvons pas faire plus de clarté sur ce qui « reste » à dire. Autrement dit, une psychanalyse qui aurait pour but de tout découvrir de l'inconscient du sujet, de « tout » dire, est vouée à l'échec ou à devenir interminable. La psychanalyse touche à sa fin lorsqu'on en a dit suffisamment pour s'être transformé et réconcilié avec soi-même et que l'on n'est plus gouverné par son ignorance.

 

Pour parvenir à cette sortie, il faut que le « fantasme » inconscient du sujet ait été dégagé et traversé. Ce fantasme correspond à cette grande construction inconsciente qui organise la vie du névrosé dans ses moindres détails afin de la lui rendre plus supportable (façon de s'exprimer, de se comporter, symptômes que nous développons etc.). Car le fantasme qui nous gouverne est une quête sans fin vers ce "quelque chose" que nous ignorons en entrant en psychothérapie ou en psychanalyse. La cure aura pour objectif de mettre à jour cette quête éperdue et de permettre au psychanalysant (patient en psychanalyse) de comprendre en quoi elle le fait souffrir.

 

Tant que ce fantasme n'a pas été suffisamment interprété, les risques de rechute sont importants. Se sentir mieux et plus apaisé ne suffit pas pour qu'une psychanalyse soit terminée. Rien de plus facile que de supprimer un symptôme, pas besoin d'une cure, un simple comprimé peut y aider parfois. Tant que le sujet n'aura pas reconnu et abandonné son fantasme, rien n'empêchera un symptôme d'être remplacé par un autre.

Le psychothérapeute-psychanalyste est donc amené à la plus grande prudence avant de cautionner une réelle sortie de psychanalyse, qui n'a rien à voir avec un apparent bonheur ou une adaptation sociale. Par ailleurs, une sortie de psychanalyse ne signifie pas non plus que le sujet ne souffrira plus jamais. Une fois le fantasme interprété, d'autres souffrances inévitables verront le jour dans la vie du sujet (choix douloureux à faire, prise de risque sans garantie de succès, deuil de personnes chères etc.) mais la différence est que le sujet aura appris à savoir y faire avec cela et qu'il ne souffrira plus d'un symptôme qui viendrait accaparer sa vie, ou la lui rendre insupportable. Sortir de psychanalyse signifie que l'on devient réellement acteur de sa vie, que l'on en sait suffisamment pour prendre les commandes de son existence et ne plus subir le poids de son ignorance. 

Les effets d'une psychanalyse menée à son terme sont importants, et durables. Elle transforme en profondeur celui ou celle qui, grâce à son désir, est allée jusqu'au bout de sa cure. La psychanalyse offre une lecture bien différente de soi-même mais aussi des autres, des évènements passés, et présents.

 

Les effets d'une psychanalyse concernent également la levée progressive, voire la suppression de certains symptômes, et des réaménagements importants de la structure fondamentale du sujet. Le symptôme disparait de lui-même, car plus rien n'est comme avant et qu'il n'a plus aucune raison d'être dans la nouvelle façon de fonctionner du sujet. Le symptôme laisse la place à la parole, à la parole vraie!

 

Un individu qui entre en psychothérapie ou psychanalyse est un individu aliéné, qui souffre. Il cherche à se faire souffir, à se punir, à se mettre des bâtons dans les roues pour ne pas avancer. Celui qui en sort est un sujet libéré, allégé de ses symptômes et de ses souffrances, et éclairé sur lui-même. C'est grâce à cette traversée qu'il pourra accepter ce qu'il est, accepter sa vie, d'être en vie, d'être debout et de mener à bien son existence.

 

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